Les prévisions pour les taux d'intérêt du Canada en 2026 et 2027 convergent vers une stabilité avec une tendance à la hausse potentielle. Le taux directeur de la Banque du Canada devrait se maintenir à 2,25 % jusqu'à la fin de 2026, avec les taux préférentiels des grandes banques stables à 4,45 %. Toutefois, les risques persistants d'inflation et les mouvements du marché obligataire suggèrent des pressions à la hausse pour 2027. Cette perspective a un impact direct sur les coûts hypothécaires, les rendements de l'épargne et l'économie canadienne dans son ensemble.
Le paysage actuel des taux d'intérêt
Le fondement de l'environnement des taux d'intérêt au Canada est le taux directeur de la Banque du Canada, connu sous le nom de taux du financement à un jour, qui influence directement le coût d'emprunt des institutions financières. À la fin de 2026, la Banque maintient ce taux à 2,25 % depuis octobre 2025, une baisse significative par rapport au sommet de 5,0 % observé en juin 2024. En réponse, la plupart des grandes institutions financières canadiennes maintiennent un taux préférentiel standard de 4,45 %, qui sert de référence pour les hypothèques à taux variable, les marges de crédit et autres prêts à taux flottant. Les taux hypothécaires fixes fonctionnent différemment, étant principalement liés aux rendements des obligations du gouvernement du Canada plutôt qu'aux décisions de politique monétaire de la banque centrale. Cette distinction signifie que les taux fixes et variables peuvent parfois évoluer en sens opposé selon différentes forces du marché. Le taux directeur actuel de 2,25 % le place tout au bas de la fourchette estimée du taux neutre par la Banque du Canada, soit 2,25 % à 3,25 %, un niveau qui ne stimule ni ne freine la croissance économique.

Prévisions officielles de la Banque et des économistes
Les prévisions des principales institutions financières canadiennes montrent un consensus pour une stabilité à court terme, mais des divergences sur la trajectoire à plus long terme. La plupart des grandes banques, dont RBC, TD et BMO, s'attendent à ce que le taux directeur de la Banque du Canada reste à 2,25 % jusqu'à la fin de 2026. La Banque Scotia et la Banque Nationale ont une vision légèrement plus restrictive, prévoyant une hausse potentielle à 2,50 % d'ici la fin de l'année. Cette perspective repose sur un mélange d'inflation en baisse, d'une croissance économique ralentie et d'un marché du travail qui s'est assoupli depuis son sommet mais qui demeure résilient. Le gouverneur Tiff Macklem a souligné que toutes les décisions futures dépendront des données, laissant à la fois des baisses et des hausses de taux sur la table selon l'évolution économique. La prochaine annonce de taux d'intérêt prévue par la Banque du Canada est fixée au 28 octobre 2026, les participants au marché surveillant de près tout changement de ton ou de politique.
Les propres prévisions à long terme de la Banque du Canada sont fournies à son Conseil de direction pour éclairer les décisions de politique monétaire, mais ces projections détaillées ne sont rendues publiques qu'une fois par an avec un décalage de cinq ans. Cela signifie que la vision officielle à long terme la plus récente de la banque centrale elle-même n'est pas disponible pour l'analyse publique, ce qui place davantage l'accent sur les projections des économistes du secteur privé et les indicateurs des marchés financiers. Ces prévisions externes doivent tenir compte d'un large éventail de facteurs nationaux et mondiaux, des perturbations commerciales et événements géopolitiques à la politique budgétaire nationale et au comportement des consommateurs. Le tableau ci-dessous résume les prévisions de taux directeur pour fin 2026 de plusieurs grandes banques canadiennes.
| Institution financière | Prévision pour le taux directeur de la BdC (Fin 2026) |
|---|---|
| RBC | 2,25 % |
| TD Économie | 2,25 % |
| BMO | 2,25 % |
| CIBC | 2,25 % |
| Banque Nationale | 2,50 % |
| Banque Scotia | 2,50 % |
Prévisions basées sur le marché et probabilités
Les marchés financiers fournissent une prévision en temps réel, pondérée par la probabilité, des futurs taux d'intérêt grâce à des instruments comme les contrats à terme sur le CORRA. Le taux moyen du financement à un jour garanti (CORRA) suit de près le taux cible de la Banque du Canada, et les contrats à terme basés sur celui-ci permettent aux traders de spéculer sur la trajectoire de la politique monétaire. Les analystes utilisent les prix des contrats à terme CORRA à 1 mois (COA) et 3 mois (CRA) pour calculer la probabilité implicite d'un changement de taux par la Banque lors de ses prochaines réunions. En octobre 2026, les marchés monétaires avaient intégré environ 100 points de base de hausses potentielles du taux de la Banque du Canada au cours des 12 mois suivants. Suite à un rapport sur l'emploi solide début octobre, la probabilité implicite du marché d'une hausse d'un quart de point lors de l'annonce du 28 octobre était d'environ une sur quatre, soit 25 %. Ces outils sont comparables à la fonction WIRP utilisée dans les terminaux Bloomberg basée sur la courbe des swaps OIS en dollars canadiens.
La trajectoire globale implicite du marché suggère que le taux directeur restera proche des niveaux actuels jusqu'en 2026 avant de monter progressivement les années suivantes. Cette courbe de taux à terme est dynamique et change constamment à mesure que de nouvelles données économiques sont publiées et que des événements mondiaux se produisent. Pour les emprunteurs, cette vision du marché suggère que les taux hypothécaires variables et les taux des marges de crédit hypothécaires (MCH) pourraient connaître une stabilité relative à court terme, mais faire face à des pressions à la hausse plus tard dans l'horizon de prévision. La divergence entre les prévisions des économistes, qui prévoient largement un maintien, et la tarification du marché, qui anticipe des hausses, est une tension clé dans les perspectives actuelles et est une raison principale pour laquelle les taux hypothécaires fixes ont augmenté indépendamment du taux directeur.

Impact sur les taux hypothécaires et les renouvellements d'emprunteurs
La prévision des taux d'intérêt a des conséquences directes et importantes pour les détenteurs de prêts hypothécaires canadiens, en particulier la grande cohorte confrontée à un renouvellement dans les prochaines années. Les taux hypothécaires variables sont directement liés aux taux préférentiels des prêteurs, qui évoluent avec la politique de la Banque du Canada. Avec un taux directeur qui devrait se maintenir à 2,25 %, les taux variables sont également prévus stables à court terme. À la mi-2026, le taux hypothécaire variable à cinq ans le plus bas disponible était d'environ 3,45 %, reflétant un rabais par rapport au taux préférentiel standard de 4,45 %. Les taux hypothécaires fixes suivent une trajectoire différente, dictée par le rendement des obligations du Canada à cinq ans, qui a atteint un sommet sur 52 semaines près de 3,73 % fin septembre 2026. Cette flambée des rendements obligataires a déjà incité les six grandes banques à augmenter certains taux hypothécaires fixes.
D'ici la fin de 2026, environ 33 % des détenteurs de prêts hypothécaires canadiens devraient faire face à des paiements mensuels plus élevés lors du renouvellement. Environ 75 % de ces emprunteurs ont des prêts hypothécaires à taux fixe de cinq ans, et leurs augmentations de paiement sont projetées à environ 20 % en moyenne lors du passage des taux ultra-bas de l'ère pandémique. La situation est plus variée pour les emprunteurs à taux variable. Environ 10 % de ceux qui renouvellent un prêt hypothécaire à taux variable pourraient voir leurs paiements augmenter de plus de 40 %, tandis qu'environ 25 % pourraient voir leurs paiements baisser d'au moins 7 %, selon qu'ils ont augmenté leurs paiements pendant le cycle de hausse des taux précédent pour éviter l'amortissement négatif. Ce stress de renouvellement commence à se manifester dans les données économiques plus larges, les défauts hypothécaires graves (plus de 90 jours de retard) ayant augmenté pour atteindre 0,30 % des soldes au deuxième trimestre de 2026, une hausse de 33,8 % par rapport à l'année précédente.
- Environ 33 % des détenteurs de prêts hypothécaires feront face à des paiements plus élevés lors du renouvellement en 2026.
- Pour les renouvellements à taux fixe, les augmentations de paiement sont en moyenne d'environ 20 %.
- Environ 10 % des renouvellements à taux variable pourraient voir leurs paiements bondir de plus de 40 %.
- Environ 25 % des renouvellements à taux variable pourraient voir leurs paiements baisser d'au moins 7 %.
- Les taux de défaut hypothécaire grave ont atteint 0,30 % des soldes au T2 2026.
- Les défauts de paiement ont augmenté de 33,8 % en glissement annuel au T2 2026.
Principaux facteurs économiques influençant la prévision
La direction des taux d'intérêt dépend de l'évolution de plusieurs indicateurs économiques critiques. Le mandat principal de la Banque du Canada est de maintenir la stabilité des prix, en ciblant une fourchette d'inflation de 1 % à 3 %. En septembre 2026, l'inflation globale était rapportée à 3,1 %, tirée principalement par des prix plus élevés du pétrole et des carburants, la plaçant au-dessus de la fourchette cible. Bien que certaines mesures fondamentales aient baissé en glissement annuel, le taux de base annualisé sur trois mois préféré par la Banque est passé de 2,3 % en août à 2,6 % en septembre. De plus, des sondages indiquent que les attentes d'inflation des entreprises et des consommateurs sont à la hausse, suggérant une perception que des prix plus élevés pourraient persister. La Banque a déclaré qu'elle agirait pour ramener l'inflation vers sa cible si elle ne baisse pas d'elle-même, faisant d'une inflation soutenue au-dessus de la cible un risque clair de hausse des taux.
La croissance économique présente une force contraire. Le PIB réel a augmenté à un taux annualisé de 3,3 % au deuxième trimestre de 2026, le rythme le plus rapide en plus de trois ans, tiré par de fortes exportations et un rebond de l'investissement résidentiel. Cependant, l'élan semblait s'essouffler à la fin de l'été, les estimations préliminaires pointant vers une croissance modeste. La Banque doit également peser les facteurs mondiaux, notamment les prix soutenus de l'énergie liés aux conflits géopolitiques, les niveaux élevés d'endettement public mondial et les perturbations potentielles de la politique commerciale américaine. Ces éléments peuvent créer des pressions stagflationnistes, où la banque centrale pourrait se sentir obligée de relever les taux pour combattre l'inflation même si l'économie nationale ralentit. La décision de la Banque équilibrera finalement le risque d'inflation ancrée contre le risque de saper la croissance économique. La liste suivante décrit les conditions spécifiques qui pourraient inciter la Banque du Canada à ajuster ses taux.
- La Banque pourrait relever les taux si l'inflation globale reste au-dessus de la cible de 3 %.
- La Banque pourrait relever les taux si les mesures de l'inflation fondamentale montrent une dynamique haussière persistante.
- La Banque pourrait relever les taux si les attentes d'inflation des entreprises et des consommateurs continuent de monter.
- La Banque pourrait baisser les taux si l'économie s'affaiblit plus que prévu.
- La Banque pourrait baisser les taux si l'inflation refroidit plus vite que prévu pour revenir dans la fourchette cible.
- La Banque pourrait baisser les taux si une récession économique significative se matérialise.

Considérations provinciales et régionales
Bien que les taux d'intérêt soient fixés nationalement, leur impact n'est pas ressenti uniformément à travers le Canada. Les données des agences d'évaluation du crédit indiquent que le stress hypothécaire et les taux de défaut varient considérablement d'une province à l'autre. L'Ontario et la Colombie-Britannique ont été signalés comme des cas particuliers, les paiements manqués sur la dette non hypothécaire parmi les détenteurs de prêts hypothécaires en Ontario ayant augmenté de 27 % au deuxième trimestre de 2026. Ces provinces, avec leurs prix moyens des maisons plus élevés et leurs dettes hypothécaires plus importantes, sont souvent plus sensibles aux hausses de taux d'intérêt. La vague de renouvellements aura donc un impact géographique disproportionné, concentrant la pression financière dans les grands marchés urbains où le coût du logement consomme une plus grande part du revenu des ménages. La performance économique régionale influence également le calcul de la Banque du Canada, car une forte performance des exportations des provinces productrices d'énergie ou un rebond de la fabrication peuvent affecter les chiffres nationaux de croissance et d'inflation.
Erreurs courantes dans l'interprétation des prévisions de taux
De nombreux Canadiens commettent des erreurs en essayant d'appliquer les prévisions générales de taux d'intérêt à leurs décisions financières personnelles. Une erreur fréquente est de confondre les prévisions pour le taux directeur de la Banque du Canada avec les prédictions pour les taux hypothécaires fixes, qui sont dictés par les marchés obligataires et peuvent évoluer indépendamment. Une autre est d'accorder trop de poids à une seule prévision ou de supposer que les prédictions des économistes sont des garanties plutôt que des évaluations probabilistes basées sur les données actuelles. Les particuliers négligent souvent la distinction entre les prêts hypothécaires à taux variable avec paiements ajustables et ceux avec paiements fixes mais amortissement ajustable, ce qui entraîne une confusion sur les résultats du renouvellement. Enfin, de nombreux emprunteurs ne planifient pas pour l'ensemble des trajectoires de taux possibles, pas seulement la prévision consensuelle, ce qui peut les rendre vulnérables si la Banque du Canada agit plus vigoureusement que ne le prévoient les économistes. Il est crucial de se rappeler que toutes les prévisions sont sujettes à changement avec les nouvelles évolutions économiques.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qui détermine les taux hypothécaires fixes si ce n'est pas la Banque du Canada?
Les taux hypothécaires fixes sont principalement déterminés par les rendements des obligations du gouvernement du Canada, en particulier l'obligation à cinq ans. Les prêteurs utilisent ces rendements comme référence pour fixer le prix des prêts à taux fixe. Fin septembre 2026, le rendement de l'obligation à cinq ans a atteint un sommet près de 3,73 %, ce qui a directement incité les banques à augmenter leurs taux hypothécaires fixes affichés. Ces rendements obligataires sont influencés par la demande des investisseurs mondiaux, les attentes d'inflation et les perspectives de croissance économique, et non par le taux directeur de la Banque.
Les taux d'intérêt baisseront-ils en 2026 au Canada?
La prévision majoritaire des grandes banques canadiennes est que le taux directeur de la Banque du Canada restera stable à 2,25 % jusqu'à la fin de 2026, sans baisse. La plupart des économistes de BMO, CIBC, Banque Nationale, RBC et TD s'attendent à ce que le taux directeur reste à 2,25 % pour le reste de l'année. Une baisse de taux n'est considérée possible que si l'économie s'affaiblit substantiellement ou si l'inflation retombe résolument sous la fourchette cible de la Banque. Les prévisions basées sur le marché n'impliquent pas non plus de baisses en 2026, montrant plutôt une hausse graduelle des taux au cours des prochaines années. Les prochaines décisions de la Banque dépendront toujours des données, mais le consensus pointe vers une stabilité, et non des baisses, pour 2026.
Quelle est la prévision pour le taux préférentiel au Canada?
Le taux préférentiel chez la plupart des grands prêteurs canadiens est actuellement de 4,45 %, évoluant au même rythme que les décisions de la Banque du Canada. Tant que la Banque maintient son taux directeur à 2,25 %, le taux préférentiel devrait rester à 4,45 %. C'est le cas depuis octobre 2025. Si la Banque relevait son taux directeur, les prêteurs augmenteraient presque certainement leur taux préférentiel d'un montant équivalent. Ce changement affecterait directement le coût des prêts hypothécaires à taux variable, des marges de crédit et autres produits à taux flottant. La prévision du taux préférentiel est donc directement liée à la prévision du taux directeur de la Banque du Canada.
Combien de hausses de taux supplémentaires sont attendues?
Les prévisions des économistes sont mitigées, la plupart attendant la première hausse potentielle en 2027 plutôt qu'en 2026. Cependant, les marchés financiers ont intégré environ 100 points de base, soit quatre hausses d'un quart de point, au cours des douze mois suivant octobre 2026. Le nombre exact est très incertain et dépend des données sur l'inflation et l'économie. La Banque du Canada pourrait relever les taux si l'inflation reste au-dessus de sa cible de 1 à 3 % ou si les attentes d'inflation augmentent. Les facteurs mondiaux comme les prix soutenus de l'énergie et les perturbations commerciales influencent également cette perspective, rendant le moment et l'ampleur des futures hausses incertains.
Quel est le taux neutre de la Banque du Canada?
Le taux neutre est le niveau estimé du taux d'intérêt qui maintient l'économie fonctionnant à pleine capacité sans stimuler ni ralentir la croissance. La Banque du Canada estime actuellement que cette fourchette se situe entre 2,25 % et 3,25 %. Avec le taux directeur à 2,25 %, il se trouve tout au bas de cette bande neutre. Ce positionnement suggère que la Banque a une marge limitée pour baisser davantage les taux sans fournir un stimulus économique. Inversement, cela indique aussi qu'il y a un potentiel pour que la Banque augmente les taux sans qu'ils soient trop restrictifs pour l'économie, selon les pressions inflationnistes.
Que se passe-t-il lorsque mon prêt hypothécaire est renouvelé dans ce contexte?
Si vous avez un prêt hypothécaire à taux fixe qui arrive à échéance en 2026 ou 2027, vous ferez probablement face à un taux d'intérêt plus élevé et à une augmentation conséquente de votre paiement mensuel, en moyenne d'environ 20 % pour beaucoup. Cela reflète le passage des taux ultra-bas de l'ère pandémique. Pour les prêts hypothécaires à taux variable, les résultats varient considérablement. Les emprunteurs qui ont augmenté leurs paiements pendant le cycle de hausse des taux pourraient voir des ajustements plus faibles, tandis que ceux avec un amortissement négatif pourraient subir des chocs de paiement significatifs. Environ 10 % des emprunteurs à taux variable qui renouvellent pourraient voir leurs paiements augmenter de plus de 40 %. Le stress du renouvellement est déjà évident, les défauts hypothécaires graves augmentant selon les données récentes.
Sources et lectures complémentaires
- Mortgage Rate Forecast (2026 to 2030) truenorthmortgage.ca
- Latest Forecast Tables, TD Economics economics.td.com
- Canada Interest Rate Forecast (2026 to 2030) ratehub.ca
- Mortgage Rates Forecast Canada 2026 to 2030 nesto.ca
- Canadian Interest Rate Expectations Tool m-x.ca
Cet article explique le fonctionnement des choses et ne constitue pas un conseil financier, fiscal ou juridique. Les règles, plafonds et taux changent, vérifiez donc les chiffres à jour auprès de l'Agence du revenu du Canada, de votre province ou de votre institution financière avant d'agir.