Le nickel canadien, officiellement la pièce de cinq sous, est une pièce d'une valeur de cinq cents, soit un vingtième d'un dollar canadien. Elle est devenue la pièce de plus faible valeur en circulation après la disparition du sou en 2013. L'histoire de cette pièce va des premières émissions en argent à sa composition éponyme en nickel et aux versions modernes en acier multicouche. Sa conception et son contenu métallique ont considérablement évolué, reflétant l'histoire économique et l'identité industrielle du Canada, en particulier son statut de grand producteur de nickel.
Origines historiques et premières émissions en argent
Les premières pièces de cinq sous pour ce qui allait devenir le Canada ont été frappées en 1858 en vertu d'une loi de la province du Canada. Ces premières pièces étaient frappées en argent sterling, un alliage de 92,5 % d'argent et de 7,5 % de cuivre. Elles avaient un tout petit diamètre de 15,5 millimètres et pesaient 1,167 gramme, une taille nécessaire pour contenir cinq cents d'argent. Leur petite taille leur a valu le surnom d'« écailles de poisson ». L'avers présentait un jeune buste de la reine Victoria, tandis que le revers montrait deux branches d'érable croisées sous une couronne. Il s'agissait d'une émission d'un an, et la frappe de pièces d'argent pour le Canada n'a repris qu'en 1870. L'émission de 1870 a été provoquée par l'afflux de pièces d'argent américaines dépréciées après la guerre civile américaine, qui a perturbé le système bancaire canadien. Le gouvernement a expulsé l'argent étranger et émis de nouvelles pièces nationales, les pièces de cinq sous étant frappées à la Royal Mint de Londres selon les mêmes spécifications que les pièces de 1858. De 1858 à 1921, la pièce de cinq sous est restée une pièce d'argent, bien que sa teneur en argent ait été réduite à 80 % en 1920 en réponse à la hausse des coûts des métaux. Cette réduction a été appliquée simultanément aux pièces de 5, 10, 25 et 50 sous comme mesure d'économie lors d'une période de changement économique.

Transition vers le nickel et changements en temps de guerre
Dès 1920, des propositions ont émergé pour frapper les pièces canadiennes en nickel, un métal bon marché et abondant compte tenu du statut du Canada en tant que plus grand producteur mondial de nickel. La pièce de cinq sous était le candidat logique pour un changement en raison de sa taille peu pratique. Le directeur adjoint de la succursale d'Ottawa de la Royal Mint, Arthur H. W. Cleave, a écrit à la Royal Mint en Angleterre au nom du ministre des Finances pour demander de nouveaux modèles pour une pièce plus grande à fabriquer en nickel. Parmi quatre propositions, le ministre des Finances, Sir Henry Drayton, a sélectionné un design très similaire à celui de la plus petite pièce d'un sou qui venait d'être introduite. Le design choisi présentait la valeur nominale estampillée entre deux feuilles d'érable avec la date dans l'exergue en dessous. Les premières pièces de cinq sous en nickel pur ont été mises en circulation le 3 janvier 1922. Elles étaient composées à 99 % de nickel, pesaient 4,54 grammes et avaient un diamètre de 21,21 millimètres. Cette ère a été de courte durée en raison de la Seconde Guerre mondiale, où le nickel est devenu un matériau de guerre critique. De 1942 à 1945, la composition de la pièce a été changée pour du tombac, un alliage de laiton composé de 88 % de cuivre et de 12 % de zinc. Ces émissions de guerre se distinguaient également par une forme à 12 côtés pour les différencier du sou. Une variante notable de 1943, la pièce V pour Victoire conçue par Thomas Shingles, comportait le message en code Morse « We Win When We Work Willingly » sur sa tranche. Le passage au tombac a nécessité trois pièces de 5 sous V pour Victoire qui n'étaient pas en nickel, soulignant l'importance stratégique du métal.
Composition d'après-guerre et spécifications modernes
Après la Seconde Guerre mondiale, la pièce de cinq sous est revenue à une composition en nickel pur de 1946 à 1951. La composition et les spécifications de la pièce ont changé plusieurs fois depuis. Ces changements ont souvent été motivés par le coût des métaux. Par exemple, depuis 1982, les nickels canadiens contiennent progressivement moins de nickel. En l'an 2000, la composition a changé pour de l'acier plaqué nickel.
| Années | Composition | Poids (g) | Diamètre (mm) |
|---|---|---|---|
| 1946 à 1951 | 99,9 % de nickel | 4,54 | 21,21 |
| 2013 à aujourd'hui | 94,5 % d'acier, 3,5 % de cuivre, 2 % de placage de nickel | 3,95 | 21,2 |
Depuis 1982, les nickels canadiens contiennent progressivement moins de nickel, passant d'un alliage à 25 % de nickel à de l'acier plaqué nickel. La pièce actuelle en acier multicouche, introduite en 2013, a un poids inférieur de 3,95 grammes mais conserve le diamètre familier de 21,2 millimètres. Cette évolution reflète l'équilibre constant entre durabilité, coût et l'utilisation symbolique du nickel dans une pièce qui porte son nom. L'épaisseur de la pièce moderne est de 1,76 millimètre, similaire à celle de ses prédécesseurs. La réduction progressive de la teneur en nickel démontre comment la pièce s'est adaptée aux fluctuations des prix des matières premières tout en conservant sa fonction dans le commerce quotidien.

Évolution du design et émissions commémoratives
Le design le plus durable sur le nickel canadien est celui du castor, créé par l'artiste G.E. Kruger-Gray et introduit pour la première fois en 1937 dans le cadre d'un effort de modernisation des pièces. Le castor a été choisi pour sa longue histoire en tant que produit de base et symbole culturel canadien, ayant figuré sur les armoiries de Québec et de Montréal ainsi que sur le premier timbre-poste du Canada. La Monnaie royale canadienne a émis de nombreuses pièces de cinq sous commémoratives pour marquer des événements spéciaux. Parmi les designs commémoratifs clés, on trouve la pièce de 1951 célébrant le 200e anniversaire de la découverte et de la dénomination du nickel par le scientifique suédois A.F. Cronstedt, conçue par Stephen Trenka et représentant une raffinerie de nickel. En 2005, un nickel de l'anniversaire de la Victoire a honoré le 60e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale, reprenant le design de guerre de 1943. Plus récemment, une émission de 2017 a marqué le 150e anniversaire de la Confédération avec un design intitulé « Living Traditions » par Gerald Gloade, l'un des cinq gagnants du concours « Mon Canada, mon inspiration ». Ces émissions spéciales font partie d'une tradition qui utilise la pièce pour célébrer les jalons et les réalisations nationales.
Valeur pour collectionneurs, dates clés et cotation
Les nickels canadiens sont populaires auprès des collectionneurs, certaines dates et variétés étant très recherchées. L'auteur Allen G. Berman note que les pièces frappées en nickel pur sont très difficiles à classer en raison de la dureté de l'alliage. Le nickel de circulation canadien le plus rare et le plus célèbre est l'émission de 1921, souvent appelée le « Prince des pièces canadiennes ». En mai 1921, le gouvernement a autorisé le changement vers la plus grande pièce de nickel, et la majeure partie de la frappe de 1921 a été fondue. Les estimations suggèrent que seulement 400 à 480 spécimens survivent. L'exemplaire le mieux connu, classé PCGS MS-67, s'est vendu 115 000 $ US aux enchères en janvier 2010 et a été revendu 160 000 $ au début de 2012. Parmi les autres pièces de collection notables, on trouve les émissions en tombac de guerre et la variété insaisissable en tombac de 1944, parfois appelée « Le Saint-Graal des nickels ». La valeur des pièces circulées des séries comme 1937 à 1952 peut partir d'une base de 0,30 $ à 0,45 $ pour les dates communes dans les grades inférieurs, mais les valeurs augmentent considérablement pour les dates rares et les spécimens de haute qualité. Par exemple, une pièce de 5 sous Canada 1922 « Far Rim » en condition Très Bien pourrait avoir un prix de détail d'environ 4,50 $. Les collectionneurs classent les pièces comme des pièces de circulation montrant des signes d'usure, ou comme des pièces « proof-like », « specimen » et « proof » non destinées à la circulation, ce dernier groupe commandant des primes plus élevées.

Fabrication et contexte industriel
L'histoire de la pièce de nickel canadienne est profondément liée à l'industrie minière du pays et à ses capacités de fabrication. Le Canada était le plus grand producteur mondial de nickel au moment où la pièce de nickel a été introduite. L'exigence initiale pour les flans de la pièce de 1922 était que le nickel provienne de sources canadiennes, une condition facilement remplie. Cependant, aucune entreprise canadienne à l'époque ne pouvait raffiner le nickel et fabriquer les flans, donc le contrat a été attribué à la société britannique Mond Nickel Company Limited après que le ministère des Finances a assoupli ses critères. La première série nécessitait 5 millions de flans, soit environ 50 000 livres de nickel. Aujourd'hui, le nickel reste une matière première critique, essentielle pour les batteries de véhicules électriques et l'acier inoxydable, avec des entreprises canadiennes comme Canada Nickel Company qui avancent de nouveaux projets miniers. Le coût fluctuant du nickel et d'autres métaux a été le principal moteur derrière les nombreux changements de composition de la pièce, de la substitution en temps de guerre au tombac à l'utilisation moderne du placage d'acier. La production de la pièce a également été un point de fierté nationale et de politique industrielle, reflétant la capacité du Canada à répondre à ses propres besoins en monnaie à partir de ressources nationales, même lorsque la fabrication initiale devait être externalisée.
Signification culturelle et monuments physiques
La pièce de cinq sous occupe une place distincte dans la culture canadienne, symbolisée par la plus grande représentation au monde d'une pièce de monnaie, le « Big Nickel ». Cette réplique de 30 pieds d'un nickel canadien de 1951 est située à Sudbury, en Ontario, un important centre minier mondial pour le nickel. Le design de la pièce avec le castor renforce l'identité nationale, car le castor est apparu sur les armoiries de villes et sur le premier timbre-poste du Canada. Le passage de l'argent au nickel en 1922 était directement lié à la puissance industrielle et à la richesse en ressources naturelles du Canada. Même si la teneur physique en nickel de la pièce a diminué au cours des dernières décennies, son nom perdure comme un rappel de cet héritage. La pièce a également joué un rôle dans le moral en temps de guerre, avec le design V pour Victoire de 1943 portant un message caché en code Morse pour stimuler l'effort de guerre. Le design du castor, utilisé en continu depuis 1937, est l'un des symboles les plus reconnus sur la monnaie canadienne. Le monument du Big Nickel sert d'attraction touristique et démontre l'importance de l'industrie minière du nickel pour l'économie locale et nationale, créant un lien physique direct entre la pièce dans la poche et l'extraction des ressources qui l'a historiquement soutenue.
Variétés notables et détails de frappe
Au-delà des dates clés, plusieurs variétés notables et détails de frappe définissent la série des nickels canadiens. L'émission de 1922 elle-même présente des variétés telles que « Near Rim » et « Far Rim » basées sur le placement de la date par rapport à la tranche, ce qui affecte la valeur pour les collectionneurs. Les pièces en tombac de guerre de 1942 à 1945 sont uniques par leur forme à 12 côtés et leur couleur jaune, une caractéristique délibérée pour éviter la confusion avec le sou. Le nickel V pour Victoire de 1943 existe en deux types principaux, l'un avec une tranche lisse et l'autre avec l'inscription en code Morse sur la tranche. L'émission de 1951 commémorant la dénomination du nickel est un type distinct d'un an avec un design de raffinerie. À l'époque moderne, des pièces avec finition spéciale non destinées à la circulation, telles que les frappes « proof-like » et « specimen », sont produites pour les collectionneurs. La Monnaie royale canadienne regroupe les valeurs et les détails de ces pièces « proof-like », « specimen » et « proof » séparément des pièces de circulation. Les grades « mint state » définissent les pièces de circulation qui ont à peine ou jamais été en circulation, et leurs valeurs sont déterminées par des services de classement spécifiques. La production continue d'émissions commémoratives assure la croissance de la série, avec de nouvelles variétés ajoutées régulièrement pour marquer des événements historiques et des anniversaires comme ceux de l'anniversaire de la Victoire 2005 et des designs du 150e de la Confédération 2017.
Questions fréquentes
De quoi est fait un nickel canadien ?
La composition de la pièce de cinq sous canadienne a changé plusieurs fois. Actuellement, depuis 2013, elle est faite d'acier multicouche plaqué nickel, spécifiquement 94,5 % d'acier, 3,5 % de cuivre et 2 % de placage de nickel. Historiquement, elle a été faite d'argent (1858 à 1921), de nickel pur (1922 à 1942, 1946 à 1951), de laiton tombac pendant la Seconde Guerre mondiale et de divers alliages cuivre-nickel. Le poids a également changé, passant de 1,167 gramme pour les pièces d'argent au poids actuel de 3,95 grammes.
Quand le Canada a-t-il cessé de fabriquer des nickels en argent ?
Le Canada a cessé de fabriquer des pièces de cinq sous en argent en 1921. La dernière émission en argent a eu lieu cette année-là, après quoi la pièce est passée à une composition plus grande en nickel pur en 1922. Les pièces d'argent de 1858 à 1921 étaient très petites, mesurant 15,5 millimètres, et étaient surnommées « écailles de poisson ». Leur teneur en argent a été réduite de 92,5 % à 80 % en 1920, juste avant le passage au nickel.
Pourquoi le nickel canadien de 1921 est-il si précieux ?
Le nickel canadien de 1921 est extrêmement précieux car c'est l'une des pièces de circulation les plus rares. Après que le gouvernement a autorisé le passage à une pièce de nickel plus grande en mai 1921, la majorité de la frappe de 1921 a été fondue. Seulement 400 à 480 spécimens sont estimés exister, ce qui le rend très recherché par les collectionneurs. Le spécimen le mieux connu, classé PCGS MS-67, s'est vendu 115 000 $ US en 2010 et 160 000 $ en 2012.
De quoi était fait le nickel canadien pendant la Seconde Guerre mondiale ?
Pendant la Seconde Guerre mondiale, de 1942 à 1945, les nickels canadiens étaient faits de tombac, un alliage de laiton composé de 88 % de cuivre et de 12 % de zinc. Le nickel était nécessaire pour les matériaux de guerre, il a donc été retiré de la pièce. Ces pièces de guerre étaient également fabriquées avec 12 côtés pour aider à les distinguer de la pièce d'un sou. L'émission de 1943 présentait un design V pour Victoire avec un message en code Morse sur la tranche.
Les nickels canadiens sont-ils magnétiques ?
Les nickels canadiens modernes, spécifiquement ceux frappés à partir de 2000, sont magnétiques car leur noyau est en acier. La composition actuelle est de 94,5 % d'acier avec 3,5 % de cuivre et 2 % de placage de nickel. Cependant, les pièces en nickel pur frappées de 1921 à 1942, qui étaient à 99 % de nickel, ne sont pas fortement magnétiques car le nickel lui-même n'est que faiblement magnétique. Les pièces en alliage tombac utilisées de 1942 à 1946, composées de 88 % de cuivre et de 12 % de zinc, ne sont pas non plus magnétiques. La propriété magnétique est un identifiant clé pour les pièces modernes à base d'acier.
Sources et lectures complémentaires
- Nickel (Canadian coin) (Wikipedia) en.wikipedia.org
- Canada Nickel: Home canadanickel.com
- 5 cents mint.ca
- 5 cents 1937 to 1952 - Price guide and values coinsandcanada.com
- The first Canadian nickel bankofcanadamuseum.ca
- Canadian Nickel Stock Photos istockphoto.com
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