
Le contrôle du Congrès américain par les démocrates ne devrait pas mener à un allègement permanent des tensions commerciales avec le Canada, selon des analystes.
Bien que les démocrates aient remporté la Chambre des représentants et le Sénat lors des élections de mi-mandat, le président Donald Trump continuera de fixer la stratégie commerciale de l'administration.
« La politique étrangère de l'administration Trump, c'est comme une voiture qui roule sur l'autoroute », a déclaré James Green, chercheur au Center for European Reform et ancien assistant parlementaire. « Le Congrès a la capacité de ralentir cette voiture, peut-être de lui faire mettre un clignotant, mais il sera très difficile pour le Congrès de changer la trajectoire globale au cours des deux prochaines années. »
Le premier ministre Mark Carney a reconnu le défi cette semaine alors qu'il tentait de gérer les attentes concernant la relance des négociations commerciales.
« Ce qui est important pour nous, c'est de conclure une entente qui soit dans le meilleur intérêt des Canadiens », a déclaré Carney mardi. « Deuxièmement, nous voulons une entente qui comporte des éléments qui renforcent les incitatifs pour toutes les parties, surtout les Américains, à respecter l'accord. C'est un défi, mais nous cherchons des moyens d'y parvenir. »
Trump a menacé de doubler les droits de douane sur les automobiles de 25 % à 50 % le 1er janvier et de les appliquer pour la première fois aux pièces automobiles.
Les démocrates ne prendront le contrôle du Congrès que le 3 janvier, et même alors, ils ont le devoir de protéger les intérêts américains, notent les analystes.
Le sénateur américain élu Abdul El-Sayed, un démocrate qui représentera le Michigan, a qualifié la guerre commerciale de Trump de « folle ». Cependant, beaucoup à gauche croient aussi que l'Accord États-Unis-Mexique-Canada est une mauvaise affaire pour les travailleurs américains.
Le syndicat United Auto Workers a critiqué l'action commerciale de Trump contre le Canada, mais a aussi demandé une « réécriture complète de l'AEUMC et d'autres mauvais accords commerciaux ».
Les analystes affirment que le Congrès a des pouvoirs en politique étrangère relativement faibles, et que Trump a embrassé le pouvoir exécutif. e2gold.ca rapportait plus tôt ce mois-ci que les pouvoirs tarifaires du président sont sur un terrain juridique solide et qu'un Congrès divisé a une capacité limitée à changer ses politiques.
Le Congrès pourrait utiliser des outils comme les projets de loi de financement du gouvernement ou des enquêtes pour exercer des pressions, mais ceux-ci sont peu susceptibles de forcer un virage majeur en politique commerciale.
« Je ne pense pas que les élections de mi-mandat façonneront de façon spectaculaire la politique de Trump envers l'Europe, dans un sens ou dans l'autre », a déclaré Peter Rough, chercheur principal au Hudson Institute.
En fait, le Congrès a récemment adopté la loi Graham, qui accorde à la Maison-Blanche des pouvoirs tarifaires supplémentaires, y compris contre les pays qui continuent d'importer du pétrole russe.
« Cela ouvre pratiquement n'importe quel pays de l'UE à une attaque du président sur ces tarifs », a déclaré Nevada Joan Lee, chercheuse en politiques au European Council on Foreign Relations. « Cela a retiré beaucoup de pouvoir des mains du Congrès. »
Le député européen Bernd Lange a déclaré qu'une victoire démocrate « pourrait conduire à des décisions plus conflictuelles, surtout sur le commerce et les tarifs » de la part de Trump. « Un canard boiteux pourrait devenir un canard en colère », a-t-il ajouté.
Le prochain virage majeur de la politique étrangère américaine envers ses alliés n'est pas attendu avant l'élection présidentielle de 2028.
Cet article a été rédigé par la salle de rédaction d'e2gold.ca à partir des reportages de The Globe and Mail, Fisher Phillips LLP, Al Jazeera et The Parliament Magazine. Les citations, traduites de l'anglais, sont vérifiées par rapport à ces reportages.